ACTUALITES décoloniales, prochaines rencontres et publications
Exposition " Les travailleurs indochinois en Dordogne (1940-1948). Colonisés, déplacés, exploités
29 avril - 31 juillet 2026 aux Archives Départementales
Quand Eurenco refuse les hommages aux travailleurs indochinois exploités en Dordogne entre 1940 et 1948.
Mercredi 29 avril
à 18h00
Vernissage de l'exposition
sur les
Travailleurs indochinois en Dordogne
à
PÉRIGUEUX
Lieu de l'exposition
Archives départementales de Dordogne
9, rue Littré 24000 Périgueux
Entrée libre
suivi de la projection à 20 h du film "Le Rendez-vous des quais" de Paul Carpita (1 h 15, 1995, France) au CGR-Périgueux, en partenariat avec l'association Ciné-Cinéma.
Le lendemain jeudi 30 à 18h, Michel Lecat et Pierre Daum donnent une conférence à l'auditorium Joséphine-Baker à Périgueux sur cette histoire
Exposition : 29 avril - 31 juillet aux Archives Départementales
Conférences de Colette ZYTNICKI
LE CAS BUGEAUD Colette Zytnicki, éditions Tallandier
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"Soundtrack to a Coup d’État" avec Ciné Cinéma et ATTAC
21 avril 2026
Soundtrack to a Coup d’État : Le titre même de cet OAVNI (objet audio-visuel non identifié) suggère une démarche artistique qui n’est pas sans rappeler les techniques de cut-up, de collage, ou de manière plus générale, des échos du mouvement surréaliste. Il est à préciser que le réalisateur Johan Grimonprez nous vient de la Belgique flamande. Son dernier film est à l’image du parcours foisonnant de cet artiste, anthropologue de formation, plasticien, photographe, enseignant en Arts visuels… Soundtrack to a Coup d’État est une œuvre virtuose qui nous fait revivre les premiers jours de l’indépendance de l’ancien Congo belge et l’assassinat du Premier ministre Patrice Lumumba en janvier 1961. Un mois plus tard, sous la houlette de la chanteuse Abbey Lincoln et du batteur Max Roach, un groupe de militants afro-américains vient troubler une session du Conseil de sécurité de l’ONU pour s’élever contre cet assassinat approuvé par la CIA. À travers d’exceptionnels documents d’archives servis par un montage percutant, Jazz et politique s’entremêlent pour entrelacer les grandes heures du mouvement des Non-alignés en pleine Guerre froide. Le film retrace à la fois, l’anticolonialisme de Nikita Khrouchtchev, le bouillonnement intellectuel et la solidarité entre les peuples noirs de part et d’autre de l’Atlantique, les balbutiements d’un panafricanisme qui ne verra jamais le jour, et enfin, le constat amer que peu de choses ont changé depuis cette période devant la puissance de ce que Johan Grimonprez appelle la « corporatocratie » dans un monde occidental corrompu et dominé par des multinationales soutenues par des États sans scrupules.
Conférences de Olivier LE COUR GRANDMAISON
Belles rencontres avec Olivier Le Cour Grandmaison à Périgueux au restaurant Le Basilou (avec un petit dîner plein de surprises), le vendredi 17/04/2026 au soir et à Excideuil le lendemain dans le bucolique cadre de la résidence d'artistes des Grandes Fenêtres.
La presse en parle
Des parutions en 2025 d'Olivier Le Cour Grandmaison
LA FABRIQUE DU ROMAN NATIONAL-RÉPUBLICAIN , éditions Amsterdam et ORADOUR
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ORADOUR COLONIAUX FRANÇAIS, éditions Les Liens qui Libèrent
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Elections municipales à Périgueux mars 2026
Lettres aux listes candidates
Auteur du « Guide du Périgueux colonial et des communes proches » aux éditions Syllepse, le collectif « Traque de traces coloniales en Périgord » (TTCP) souhaite interpeller les têtes de listes et leurs colistier.es aux élections municipales de mars prochain à Périgueux sur leur projet de politique mémorielle pour la mandature à venir.
En particulier sur ce que ce guide, paru fin 2023, a mis au jour des éléments mémoriels, nombreux dans l'espace public de Périgueux, rappelant le moment colonialiste de notre histoire de France.
Cela concerne, bien évidemment, en premier lieu, l'histoire de nos républiques et surtout la deuxième phase de « l'aventure coloniale française », au XIXe siècle, où s'est illustré en particulier notre compatriote, le maréchal Bugeaud.
L’espace public n’est pas un musée figé, encore moins un sanctuaire. Il est le lieu où se joue la mémoire collective. Et cette mémoire doit pouvoir évoluer, être contestée, être réinventée.
La célébration dans l'espace public, en leur temps, de faits et d'acteurs de l'histoire coloniale mérite d'être réexaminée en raison du substrat de rapports de domination latents et de racisme que cette mémoire continue de véhiculer. Une opération comme un outil – pédagogique - de la conscience citoyenne à l'endroit de notre histoire commune.
Il ne s'agit nullement de réviser l'Histoire, il s'agit d'en revisiter sa mémoire (l'Histoire restant une science élaborée par les historiens).
Aussi, nous pensons cette affaire comme d'intérêt général voire de salubrité publique.
A Périgueux, nombre de célébrations ont donné lieu à des attributions de rues et de places telles, par exemple, l'avenue Cavaignac (militaire ayant prôné l'enfumage des Algériens, dans des grottes, au début de la conquête de l'Algérie), mais aussi Faidherbe (gouverneur énergique du Sénégal) auquel est consacrée une grande place dans le quartier St Georges etc... sans parler de rues spécifiques comme « rue des Colonies » et autres « rue du Tonkin » ou « de Madagascar » (dont la dénomination n'est, certes, pas liée à notre amitié avec les peuples vietnamien ou malgache).
La municipalité actuelle (mandature 2020-2026) a apposé, en septembre 2023, sur la grille entourant la statue du maréchal Bugeaud, une plaque explicative à vocation pédagogique pour nuancer les éléments hagiographiques inscrits sur son socle. Nombre de plaques de ce type pourraient, aussi, accompagner plusieurs dénominations de l'espace public, relatives à cette période historique.
Pour autant la statue du maréchal Bugeaud, au centre ville, cachée durant la période de réjouissance des fêtes de fin d'année, où elle apparaît, alors, bien déplacée, revêt un caractère symbolique fort de la mémoire d'une histoire coloniale dramatique et sanguinaire. Au delà du fait que cette statue mériterait d'être installée dans un musée de la Guerre, tout au moins dans un musée dédié à l'histoire coloniale et au colonialisme - partie intégrante et structurante de notre Histoire nationale – voire au MAAP (Musée d'art et d'archéologie du Périgord - musée municipal), cette démarche de mise à jour mémorielle pourrait être assortie d'une promesse de faire don de la statue à un tel musée, pour le moins poursuivie en rebaptisant la place où elle est érigée. Sous la Révolution, la place s'est appelée « place de la Liberté et de l'Égalité ». Pourquoi pas la renommer place « de l'Amitié entre les Peuples » ou « de la Paix » (à nul endroit, la paix n'est honorée dans l'espace public périgourdin).
D'autres municipalités ont entamé ce travail politique de mise à jour de ce que nous voulons garder honoré dans notre espace public.
Avec ce propos, nous attendons vos remarques et surtout vos propositions et nous tenons, bien évidemment, à votre entière disposition pour d'éventuels échanges sur ces sujets.
Veuillez croire, Mesdames, Messieurs les candidat.es, à l'expression de nos sentiments les plus républicains.
Pour le Collectif TTCP
Jean Marc Champeaux
Les réponses (manque celle de la liste Antoine Audi, non reçue)
liste Cadet
Bonjour Monsieur Champeaux,
J'ai bien pris note de votre interpellation qui reste pertinente notamment pour toute nouvelle équipe municipale.
Les statues célébrant des figures de la colonisation (généraux, gouverneurs, explorateurs, hommes politiques...) ont été érigées à une époque où l’empire colonial était valorisé.
Aujourd’hui, ces monuments sont réinterrogés à la lumière des violences coloniales, du racisme systémique et des mémoires longtemps marginalisées celles de l'esclavage, de la domination, des massacres et de l'exploitation humaine ou des pillages de marchandises et de matières premières dans de nombreux pays.
Je sais qu'elles cristallisent plusieurs tensions :
-
Faut-il conserver ces statues comme témoins historiques ou les considérer comme une glorification d’un passé oppressif ?
-
Qui a le droit d’être honoré collectivement, et selon quelles valeurs ?
-
Peut-on considérer que le maintien de certaines statues peut être vécu comme une négation des souffrances de victimes, héritées de la colonisation.
Que peut-on proposer?
Je me pose ces questions auxquelles je ne suis pas capable de répondre aujourd'hui, en tous cas, pas seul.
Ce pourrait être l'objet de débats intéressants avec des historiens, des urbanistes, des anciens combattants, des politiques, des associations, des religieux ou de simples citoyens, à savoir : les statues comme outils de construction du récit national colonial; la remise en cause contemporaine : débats, déboulonnages, controverses...
Des solutions existent: la re contextualisation (plaques explicatives), le déplacement vers des musées voire la création de nouveaux monuments plus inclusifs.
Je suis désolé , à ce stade, de ne pas pouvoir vous adresser une réponse plus satisfaisante, sur un sujet important mais que nous n’avons pas étudié suffisamment compte-tenu des préoccupations autres des périgourdins.
Je garde cet échange pour y travailler ultérieurement avec le Délégué aux parcours mémoriels car le sujet de l'Histoire et de la Mémoire reste essentiel à mes yeux.
Nous saurons où aller si nous savons d'où nous venons...
Respectueusement,
Michel CADET
Tête de liste UNIR Périgueux
liste Belloteau
Périgueux, jeudi 12 février 2026
Objet : Réponse adressée au collectif TTCP
Madame, Monsieur, suite à votre courrier concernant notre projet municipal de politique mémorielle, nous tenons à vous apporter la réponse suivante.
Le projet politique de la liste Périgueux En Commun s’inscrit dans un combat farouche contre le colonialisme, ses traces visibles dans l’espace public, pour un pacifisme affirmé et une solidarité internationale entre les peuples.
A Périgueux, nombre de rues, de places, de statues portent le nom de personnages étroitement liés à l’histoire coloniale de notre pays. Pour nous, l’espace public n’est pas un espace neutre, c’est un espace politique. Le choix des noms des rues, des places est donc un choix politique, un choix de valoriser, de célébrer des individus pour ce qu’ils ont fait et ce qu’ils ont été soit au niveau communal, départemental ou national. En ce sens nommé le Lycée Laure Gatet du nom de cette jeune résistante n’est pas un choix neutre, le fait de renommer une école Simone Veil revêt un caractère hautement politique. Il s’agit de rendre hommage et de célébrer ses combats, ses engagements.
Partant de ce principe, il est pour nous intolérable que la ville de Périgueux continue de célébrer des criminels de guerre, des individus ayant commis des crimes contre l’humanité. Cela en dit beaucoup sur cette incapacité à regarder avec lucidité notre histoire coloniale. Les rues, places et statues rendant hommage à ce passé colonial sont légions à Périgueux : place Bugeaud, statue de Bugeaud, cité administrative Bugeaud, rue des colonies, rue du Tonkin, place Faidherbe…
Nous regrettons le manque de courage politique et la faute morale de la municipalité actuelle d’avoir conservé la statue de Bugeaud et de ne pas avoir renommé la place. La plaque explicative posée au pied de la statue n’est pas du tout à la hauteur des enjeux. La colonisation est un crime contre l’humanité, l’idée n’est pas comme vous le marquez de revisiter l’histoire mais de revisiter collectivement sa mémoire.
Des villes nous montrent la voix à suivre, à Paris et à Marseille, une avenue et une école ont été renommés pour ne plus s’appeler Bugeaud. Nous en ferons de même à Périgueux. Une fois élue, nous déboulonnerons la statue de Bugeaud, qui est pour nous le symbole et la personnification de tous les crimes les plus abominables commis durant la colonisation et les guerres dites de « conquêtes ». Il y aurait beaucoup à dire sur le choix de ce terme utilisé dans les livres d’histoires. Car de quelles conquêtes parle-t-on ? Celles de l’empire français au mépris du droit des peuples colonisés, qui conquit des terres, des ressources en massacrant en masse des civils ? Et ce pour alimenter le système capitaliste naissant, car oui colonisation et système capitaliste sont les 2 faces d’une seule et même médaille.
La statue de Bugeaud sera remise au musée d’art et d’archéologie du Périgord, la place retrouvera son nom initial place De la Liberté et de l’Égalité.
Concernant les noms des rues au passé colonial, nous proposerons aux habitant.es des votations citoyennes pour qu’ils renomment ces rues. Nous leur demanderons de choisir prioritairement des noms de personnages féminins pour rétablir une égalité et lutter contre la surreprésentation dans l’espace public de personnages masculins, seulement 5% des rues, des places, des avenues en France portent des noms féminins.
Veuillez agréer madame, monsieur, nos salutations les plus sincères.
Pour la liste Périgueux En Commun,
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La couverture presse
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