Bugeaud, son passé, son actualité
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Histoire : le maréchal Bugeaud en question
Le maréchal Bugeaud trône au milieu d'une des places principales de Périgueux, mais depuis quelques années ce Périgourdin illustre n'en finit pas de susciter le débat. Une historienne, Colett...
Reportage FR3 Périgord avril 2026
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A l'hiver 2024, le média "Histoires Crépues" (https://histoirescrepues.fr/) sort une série consacrée au sort des statues coloniales.
Le 1e épisode est consacré à Bugeaud (l'incontournable)... mais à la seule statue érigée à Paris, rue de Rivoli sur la façade du Louvre, Seumboy ignorant tout, semble-t-il (?), des 2 statues de Périgueux et Excideuil.
Bugeaud dans "Histoires Crépues" https://www.youtube.com/watch?v=EQBl4_lf5pw&t=540s
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Pétition
« Tirons sur la corde, dans le sens de l’Histoire » : c'est ainsi que les artistes Adnx & Klemere ont revendiqué l'action menée dans la nuit du lundi 6 à ce mardi 7 juillet 2020 sur la statue du maréchal Bugeaud
Notice telle que conçue dans le Guide du Périgueux et ses communes proches ne donnant pas toute la biographie de cet « illustre » maréchal de France (pour plus de complément aller sur le Net) qui a une statue, donné le nom à pas moins d’une cité administrative, une place, un parking... à Périgueux.
BUGEAUD (cité administrative, place, statue, parking)
Thomas Robert Bugeaud (1784-1849), maréchal de France. Il est né rue Cruche-d'Or à Limoges. Engagé à 20 ans dans les guerres napoléoniennes, il « s'illustre » en particulier lors de la campagne d'Espagne, de 1808 à 1813, sous les ordres du général Suchet ; il participe entre autres à la prise sanglante de Saragosse (5o ooo morts côté espagnol, après une terrible bataille maison par maison) et se « forme » à la contre-guérilla dans un pays qui résiste massivement à l'envahisseur français. Sa « valeur » militaire lui vaut le grade de colonel dès 1813. Sous la seconde Restauration, il se retire sur ses terres de Lanouaille (Dordogne). Il se fait élire maire d’Excideuil (1825-1830), puis député en 1831 ; Excideuil garde plusieurs souvenirs du « grand homme » : une place à son nom autour de la fontaine qu’il fait édifier et qu’il finance, ainsi qu’une statue. Initialement érigée au cœur d’Alger en 1852, cette statue est déboulonnée à la fin de la guerre d'Algérie et rapatriée en cargo. Destinée à la ville d’Albertville, il faut l’opiniâtreté de la municipalité d’Excideuil secondée par un comité de soutien actif, pour qu’elle arrive enfin dans la cité périgourdine et soit installée sur la place des Promenades en 1967, puis inaugurée en 1999. Périgueux, aussi, lui érige une statue, en 1853, et la place1 où elle trône est renommée « place Bugeaud » lors de son inauguration... Mais qu'a donc fait Bugeaud pour mériter tant d’honneurs ?
Revenu en grâce auprès du roi Louis-Philippe, il participe, en tant que général de brigade, à la répression de l'insurrection parisienne d'avril 1834. On associe notamment son nom au massacre de la rue Transnonain. En 1836, il est envoyé en Algérie pour mater la révolte d’Abdelkader, d'abord sans grand succès. Il est cependant nommé gouverneur général de l'Algérie par le ministre Thiers* en 1840. Flanqué de subalternes dont les noms sont tristement célèbres, les généraux La Moricière, Changarnier, Bedeau et Cavaignac*, le lieutenant-colonel Pélissier2 ou le capitaine De Saint-Arnaud, il se lance dans la « pacification » et applique la politique de la terre brûlée. Fort d’une armée de 100 000 hommes, il pourchasse les rebelles algériens, incendie les villages, détruit les troupeaux et les récoltes, enfume les grottes où les habitants se cachent. Pour Bugeaud, il s’agit :
« D’empêcher les Arabes de semer, de récolter, de pâturer, […] de jouir de leurs champs. […] Allez tous les ans leur brûler les récoltes […] ou bien exterminez-les jusqu’au dernier. […] Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéhas ! Fumez-les à outrance comme des renards.»
Pour le politologue Olivier Le Cour Grandmaison :
« Bugeaud est le théoricien, et le praticien, d’une guerre qui doit être qualifiée de totale puisqu’elle débouche sur l’effondrement de deux distinctions majeures, liées entre elles et constitutives des guerres réglées, comme on les nomme alors. La distinction entre civils et militaires, destinée à préserver autant que faire se peut les premiers de la violence des combats, et celle entre sanctuaire et champ de bataille, indispensable pour permettre aux populations de trouver refuge en des lieux qui doivent être épargnés par les affrontements3. »
La préoccupation constante de Bugeaud est d’associer l’armée à la colonisation :
« L’armée est tout en Afrique, elle seule a détruit, elle seule peut édifier. Elle seule a conquis le sol, elle seule le fécondera par la culture et pourra par les grands travaux publics le préparer à recevoir une nombreuse population civile. »
Nommé maréchal en 1843, il est rappelé en France en 1847, s'occupe un temps d'agriculture, puis est rappelé à Paris où Louis-Philippe lui confie le commandement de l'armée et de la Garde Nationale lors de la révolution de février 1848. Théoricien de la lutte contre-révolutionnaire, il a rédigé un ouvrage, redécouvert après sa mort et intitulé « De la guerre des rues et des maisons », dont il veut l'application contre les insurgés parisiens : il propose au roi Louis-Philippe de « tirer dans le tas » pour reprendre le contrôle de la capitale. Ce dernier s'y oppose et abdique, la IIe République est proclamée.
Bugeaud meurt du choléra le 10 juin 1849.
Comme le rappelle le socle de la statue érigée à Périgueux, ce ne sont pas ses compétences d'agronome qui sont vénérées, mais bien celles du soldat « qui a vaincu, colonisé, pacifié l'Algérie » ainsi qu’il est dit avec euphémisme sur ce même socle. Célèbre pour sa devise Ense et Aratro, « par l'épée et par la charrue », proche de la doctrine de la Révolution nationale pétainiste, ce qui a sans doute valu à sa statue de ne pas être fondue sous le régime de Vichy quand tant d'autres - dont celle de Montaigne* - l'ont été, le maréchal Bugeaud est, aux yeux de nombreux Périgourdins, le symbole de la barbarie coloniale et militariste. Ils ont ouvert le débat sur le devenir des hommages publics qui lui sont rendus, prônant qui leur contextualisation par l’ajout de panneaux historiques non complaisants, qui le pur et simple déboulonnage, direction le musée militaire ou un éventuel musée du colonialisme...
→ dénomination : 1853
1 La place Bugeaud s’appelait primitivement du Chapuzier, puis de la Saint-Mémoire, ensuite du Triangle. Elle devient place de la Liberté et de l’Égalité sous la Révolution puis reprend sous l'Empire le nom précédent de place du Triangle...
2 Aimable Pélissier, futur maréchal de France, duc de Malakoff puis gouverneur-général de l’Algérie (1860-1864) est l'exécutant des « enfumades » de la grotte de Dhara le 18 juin 1845, où périssent asphyxiés plus de 1 000 hommes, femmes et enfants qui s’y sont réfugiés avec leur bétail. En 1852, Pélissier prend l'oasis de Laghouat. Environ les deux tiers (2 500 à 3 000 sur un total de 4 500 habitants restant dans la ville assiégée), y compris femmes et enfants, sont massacrés, avec la participation du 50e RI* basé, alors, à Périgueux.
3 Olivier Le Cour Grandmaison, Coloniser. Exterminer : sur la guerre et l’État colonial, Fayard, 2005.
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Cité administrative Bugeaud 24000 Périgueux
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Place Bugeaud 24000 Périgueux (et Parking Bugeaud)
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Place Bugeaud 24160 Excideuil
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Place Bugeaud 24270 Lanouaille
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Rue Bugeaud 24590 Salignac-Eyvigues
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Rue Bugeaud 24310 Brantôme en Périgord
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Rue Bugeaud 24610 Villefranche de Lonchat
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Rue du Maréchal Bugeaud 24100 Bergerac
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Rue du Maréchal Bugeaud 24110 St Astier
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Rue du Maréchal Bugeaud 24210 St Orse
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Lieu-dit “Le Bugeaud” Dussac (24270) (nord d’Excideuil)
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Hameau Bugeaud 24390 Cherveix-Cubas (rue de la Croix de Bugeaud, chemin de la Fontaine Bugeaud, route de Bugeaud)
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Hameau Bugeaud 24800 Nantheuil (est de Thiviers)
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Le Bugeaud 24210 Fossemagne
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Colette Zytnicki, dernier ouvrage paru en 2026 aux éditions Tallandier
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Bugeaud et les guerres napoléoniennes
2e siège de Saragosse Napoléon (souvent pris comme l'équivalent de Stalingrad)
Le futur maréchal Bugeaud, alors lieutenant, participe à ce siège d'un genre si particulier :
« Nous sommes toujours auprès de cette maudite, de cette infernale Saragosse. Quoique nous ayons pris leurs remparts d'assaut depuis plus de quinze jours, et que nous possédions une partie de la ville, les habitants, excités par la haine qu'ils nous portent, par les prêtres et le fanatisme, paraissent vouloir s'ensevelir sous les ruines de leurs villes, à l'exemple de l'ancienne Numance. Ils se défendent avec un acharnement incroyable et nous font payer bien cher la plus petite victoire.
Chaque couvent, chaque maison, fait la même résistance qu'une citadelle, et il faut pour chacun un siège particulier. Tout se dispute pied à pied, de la cave au grenier, et ce n'est que quand on a tout tué à coups de baïonnette, ou tout jeté par les fenêtres, qu'on peut se dire maître de la maison. À peine est-on vainqueur que la maison voisine nous jette, par des trous faits exprès, des grenades, des obus et une grêle de coups de fusil. Il faut se barricader, se couvrir bien vite, jusqu'à ce qu'on ait pris des mesures pour attaquer ce nouveau fort ; et on ne le fait qu'en perçant les murs, car passer dans les rues est chose impossible : l'armée y périrait toute en deux heures. Ce n'était pas assez de faire la guerre dans les maisons, on la fait sous terre*»
*Zins 1994, chap. 12 « Lannes géant d'Espagne », p. 232-233.
C'est là que Bugeaud "apprend" les techniques de lutte contre la guérilla urbaine qu'il appliquera dans la conquête de l'Algérie. Il théorise ces méthodes de répression dans De la Guerre des rues et des maisons, 1849, ouvrage longtemps considéré comme perdu (peut-être l'un des premiers traités de contre-guérilla urbaine) où Bugeaud expose les techniques de combat contre les émeutes parisiennes.
Bugeaud et Limoges
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naissance à Limoges rue de la Cruche-d'or
Victoire d'Isly vécue en Dordogne et en France
in Le cas Bugeaud de Colette Zytnicki, éditions Tallandier
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mais aussi sa fin
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